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2007

 

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Jeunes Musiciens du monde

Accords sains, esprits sains

8 NOVEMBRE 2007

 

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par FRÉDÉRICK PLAMONDON

Jeunes Musiciens du monde fête sa cinquième année d’existence. Après une ascension fulgurante dans le monde de la musique, c’est l’heure des bilans pour l’organisme.

Si la politique vous déplaît, que les finances vous ennuient et que la fonte des glaciers vous laisse froid, vous pouvez toujours recycler votre envie de changer le monde en faisant de la musique! Vous n’avez qu’à suivre l’exemple des frères Mathieu et Blaise Fortier, cofondateurs de Jeunes Musiciens du monde (JMM), qui dirigent 220 jeunes et autant d’instruments dans trois écoles situées dans deux pays.

Destiné à la promotion et à la survie de la musique traditionnelle, l’organisme s’adresse particulièrement aux jeunes de milieux populaires en leur offrant une formation musicale complète et gratuite. Avec son école en Inde, près du village de Kalkeri, JMM a acquis une solide expérience sur les relations interculturelles; ce n’est peut-être pas un hasard si l’école de Québec compte 25 % d’immigrants parmi ses élèves. Passée maître dans l’accueil et l’intégration, la petite académie de musique du quartier Saint-Sauveur reçoit plus de 75 étudiants. Histoire de se mettre au diapason du projet, on s’entretient avec les frères Fortier etJorane, porte-parole de l’organisme.

De toutes les façons de sauver le monde, vous avez choisi la musique. Pourquoi?

Jorane: La musique, c’est une langue universelle, c’est toute une chance de pouvoir profiter de ce cadeau-là. Ce n’est pas en coulant tout le monde dans le même moule qu’on va pouvoir avoir quelque chose de fort. Au contraire, c’est en pouvant exposer leurs couleurs dans un langage qu’ils partagent que les gens arrivent à se repérer et à se définir.

Votre mandat concerne spécialement la musique traditionnelle du Québec et d’ailleurs. Vous sortez un peu des sentiers battus; pourquoi pas la musique populaire?

Jorane: C’est un fabuleux présent de mettre les jeunes en contact avec la musique traditionnelle. JMM leur offre, par la mélodie, un accès direct à leur identité. Ça fait briller quelque chose qui est au plus profond de nous-mêmes et que la musique permet de partager.

Les Fortier: La musique, c’est une manifestation culturelle spontanée et quotidienne. La musique traditionnelle invite à se mêler au monde et à entrer en contact avec lui. C’est une célébration!

Vous vous êtes fait connaître très rapidement. Vous n’avez pas peur de perdre le contrôle? Que JMM devienne trop gros, trop vite?

Les Fortier: En fait, on n’a jamais eu de stratégie promotionnelle; on a pris le monde un peu par surprise. La notoriété de JMM est venue avec l’engouement immédiat des artistes. Ce qui serait triste, ce serait de perdre le contact avec nos élèves, les bénévoles et de devenir un genre de corpo… C’est ce qui nous préoccupe le plus. C’est pour ça qu’on consulte toute l’équipe avant de prendre des décisions, de préparer des nouveaux projets… ou de choisir une nouvelle porte-parole (rires).

Toutes vos activités sont gratuites et dépendent des deux spectacles que vous produisez. Est-ce que les musiciens qui y participent partagent votre vision du monde?

Jorane: J’ai rarement vu une aussi grande fraternité de culture entre musiciens que pendant ce spectacle-là. C’est une des plus grandes fêtes de la musique auxquelles j’ai participé! Tout d’un coup, à brûle-pourpoint, on décide de faire une toune ensemble, c’est très spontané. Il y a une complicité qu’on ne voit pas souvent ailleurs.

Les Fortier: Les musiciens ont une relation très personnelle avec la musique et ils savent tous l’importance qu’elle a eue dans leur vie. Que ce soit Yann Perreau, Ghislain Poirier, Tomás Jensen ou Les Batinses, ils partagent tous la même expérience, ils comprennent avec leurs tripes l’impact que ça peut avoir sur des jeunes de pouvoir suivre gratuitement des cours de chant, de violon ou de percussions. Tout le monde s’intègre très bien, c’est ce qui ressort le plus pendant le spectacle.

Est-ce que ça représente bien l’ambiance qui règne dans les écoles de Jeunes Musiciens du monde?

Jorane: Oui, la musique unifie les artistes, les gens et les étudiants dans le spectacle, mais surtout dans tous les projets de JMM. Je pense qu’année après année, ceux qui ont commencé à donner à l’organisme vont continuer à le faire.

Les Fortier: On pense que les écoles répondent à un besoin communautaire et c’est contagieux. JMM, ce n’est pas juste un show de musique, c’est du monde qui se rassemble autour d’un intérêt commun.

Le 30 novembre à 20h30
Au Musée national des beaux-arts du Québec