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2008

 

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Donner l’espoir

27 NOVEMBRE 2008

 

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par RAYMOND POIRIER

Après Kalkeri, Québec et Montréal, Jeunes musiciens du monde a fondé une nouvelle école à Kitcisakik, en Abitibi-Témiscamingue, où l’apprentissage de la musique se fera à travers les traditions des Premières Nations.

Contes. Rythmes. Danse. Chants. C’est tout l’univers traditionnel des Anicinapeks que l’équipe de Jeunes musiciens du monde(JMM) transmettra aux jeunes de 1re, 2e et 3e années qui fréquentent l’école Mikizicec de Kitcisakik. Pourquoi? Pour favoriser le sentiment d’appartenance envers l’identité autochtone. Et pour permettre à ces jeunes de se réapproprier leurs traditions. « On a le souci de transmettre et de conserver la langue. Les jeunes Anicinapeks ne parlent pas beaucoup leur langue maternelle. Certains ne peuvent pas parler à leurs grands-parents, qui ne parlent pas le français », note Mathieu Fortier, l’un des fondateurs de JMM.

L’expansion arrive à un moment où les choses vont bien pour Jeunes musiciens du monde, que ce soit au Québec ou en Inde. « À Kalkeri, cette année, il y a eu 400 demandes d’admission. Au début, il fallait aller faire le tour des villages pour faire de la prospection. Aujourd’hui, pratiquement tous les jours, des parents viennent nous voir avec leurs gamins », souligne le fondateur.

Après la mise sur pied de l’école de Kitcisakik, l’équipe de Jeunes musiciens du monde a concentré ses énergies sur les spectacles-bénéfice à venir, une part importante – voire essentielle – du financement de l’organisme. « Ça représente environ 30 à 40 % du budget annuel. C’est un moment critique chaque année pour Jeunes musiciens du monde: on ne peut pas se permettre l’échec là-dedans. L’échec d’une soirée-bénéfice remettrait en question le fonctionnement des écoles pour l’année », note Mathieu Fortier.

Cette année, après Québec et Montréal, une antenne de JMM formée autour de Seb Martel, guitariste de M (entre autres), organise un spectacle-bénéfice dans la salle de la mairie de Montreuil, en France. Les chanceux qui iront découvrir cette salle de 800 places le 9 décembre prochain pourront y entendre, notamment, Camille, Albin de la Simone, Sanseverino de même qu’Amadou et Mariam. Rien de moins. Et avec la forte population d’origine malienne à Montreuil, l’événement pourrait devenir le prélude à une nouvelle expansion. « Qui sait, ça deviendra peut-être un tremplin pour aller chercher du financement et des appuis pour faire quelque chose au Mali », espère M. Fortier.

Cela dit, Montréal ne sera pas en reste. Outre le cocktail dînatoire en compagnie de Florence K, Claire Pelletier et plus, la soirée prendra son envol ensuite avec les performances de Pierre Lapointe, Tricot Machine, Karkwa, Patrick Watson, The Lost Fingers, Xavier Caféïne,Catherine Major, Samian, Antoine Gratton, Les Charbonniers de l’enfer, Jérôme Minière,Misteur Valaire, Pépé, Le Vent du Nord, Colectivo, Pascal Dufour, Anodajay, Ivy, EP Bergen, Doriane, Galant tu perds ton temps, Emilie Clepper, Amrita Choudhury ainsi que les élèves et professeurs de l’école de Montréal. « Chaque année, plus de 50 artistes se déplacent pour les soirées-bénéfice parce qu’ils croient à la cause, mais aussi parce qu’au fil des ans, c’est devenu un événement, un happening », conclue Mathieu Fortier.

Le Devoir.com - Libre de penser

En bref – École de musique à Kitcisakik

L’organisme Jeunes musiciens du monde (JMM) vient d’ouvrir une école de musique dans la communauté algonquine de Kitcisakik, en Abitibi-Témiscamingue.

Celle-ci s’ajoute aux écoles de Québec, de Montréal et de Kalkeri, en Inde, où des jeunes de milieux défavorisés sont initiés à la musique. Le Conseil de bande et le Service de l’éducation de Kitcisakik se sont unis à JMM pour créer et financer cette école, avec un coup de pouce de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador. Les activités seront d’abord offertes aux jeunes de l’école primaire Mikizicec, mais aussi aux élèves qui étudient à Val-d’Or et reviennent les fins de semaine dans leur communauté. Une part des fonds récoltés lors des soirées-bénéfices Jeunes musiciens du monde, les 22 et 24 octobre à l’Impérial de Québec et le 28 novembre au Club Soda à Montréal, serviront à financer cette école.

 

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Publié le 20 octobre 2008 à 05h00 | Mis à jour le 20 octobre 2008 à 05h00

La musique vue par Mathieu Fortier, de Jeunes musiciens du monde

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VALÉRIE LESAGE
Le Soleil

(Québec) Et de quatre pour les Jeunes musiciens du monde! Après les écoles de musique gratuites de Kalkeri (Inde), de Québec et de Montréal, une nouvelle école est née au début du mois dans la communauté algonquine de Kitcisakik, en Abitibi.

Pour poursuivre leur mission de bienfaisance, les Jeunes musiciens du monde (JMM) tiendront deux soirées-bénéfice cette semaine à Québec : cocktail dînatoire et spectacle le 22 octobre avec Bob Walsh, Florent Vollant, Éric Lapointe et plusieurs autres musiciens (125 $); spectacle le vendredi 24 avec notamment Karkwa, Jorane, Florence K, Xavier Caféïne et Ben Charest (30 $ en prévente). Les deux événements, sous la présidence d’honneur de Daniel Gélinas, le dg de la Société du 400e anniversaire de Québec, auront lieu à L’Impérial et les billets sont offerts sur Billetech. D’ici là, causons musique avec le cofondateur des JMM, Mathieu Fortier.

Q Quel a été votre premier contact avec la musique?

R La collection de disques de mon père, donc la musique des années 70 : Janis Joplin, Jimi Hendrix, les Beatles… Charlebois. Mais aussi, je me souviens d’un disque de Ravi Shankar live à Woodstock… Il a eu un impact sur mon avenir!

Q À quoi sert la musique?

R La musique sert à élever l’âme. Les musiciens, et les artistes en général, sont des gens capables de manifester la beauté et l’harmonie et c’est ce qui nous fait du bien, ce qui nous fait passer à un autre niveau existentiel. On oublie notre soi dans la musique et c’est ce qui fait du bien, autant si on en joue que si on en écoute. Souvent, on pense que la culture est un luxe — on le voit dans les budgets des gouvernements qui privilégient l’économie et la défense avant la culture —, mais la culture est la fondation d’une civilisation en santé. C’est ce qui fait que nos sociétés sont critiques et qu’elles réfléchissent.

Q Qu’est-ce qui nuit à la musique?

R La prépondérance de l’image et de l’emballage commercial par rapport au contenu artistique.

Q Par quoi passe l’avenir de la musique?

R Par la transmission, ce qui, bien sûr, est le rôle des Jeunes musiciens du monde. L’avenir de la musique passe par l’accès à un enseignement de qualité pour tous ceux qui en ont envie. C’est ce sur quoi Jeunes musiciens du monde travaille en offrant un enseignement gratuit dans les milieux populaires, avec quatre écoles à Québec, Montréal, Kalkeri en Inde et maintenant Kitcisakik, en Abitibi.

Q Une oeuvre idéale en musique?

R Une oeuvre qui rassemblerait des enfants des cinq continents et qui laisserait à chacun la saveur de sa culture musicale propre. Elle symboliserait donc l’harmonie en démontrant que la musique est un langage universel qui va au-delà des frontières.